En matière d’innovation et d’originalité, l’Université Ibn Tofaïl a pris son rythme de croisière. Dans le cadre des mesures sanitaires visant la lutte contre la propagation du Covid-19, le doctorant non-voyant Aasim Kamal Eldin Khalifa Osman a soutenu à distance, jeudi dernier, sa thèse de doctorat à la Faculté des lettres et des sciences humaines.
Afin de permettre à ce jeune Soudanais de présenter sa thèse portant le thème «L’emploi de l’alternance codique de FLE (français langue étrangère, NDLR) à l’Université de Khartoum» dans les meilleures conditions, il a été procédé à la combinaison des techniques de visioconférence et de braille. Le jury de cette thèse de doctorat était composé du Pr Lotfi Benabbou, président-rapporteur, du Pr Hafida El Amrani, directrice de thèse, du Pr Malika Bahmad, rapporteur (Faculté des lettres et des sciences humaines, Kénitra), et du Pr Driss Meskine, rapporteur (École normale supérieure, Meknès).
En rapport avec les croisements culturels et la diversité linguistique, la recherche de thèse d’Aasim Kamal se base sur une approche qualitative à travers laquelle neuf séances ont été enregistrées pour huit enseignants en rapport avec tous les niveaux, depuis la première à la cinquième année. Ces enregistrements, d’une durée de dix heures, ont permis au doctorant de décrire ce qui se passe réellement en classe de français en tant que langue étrangère à l’Université de Khartoum où coexistent trois systèmes linguistiques : l’arabe, l’anglais et le français. À travers l’interaction enregistrée entre l’enseignant et ses étudiants, le jeune chercheur soudanais a identifié les diverses stratégies, formes et fonctions que prend le passage d’une langue à une autre.